Dégoûté mais pas résigné, n’est ce pas Thierry ? Ta réaction sur notre blog ne me surprend pas. Nombre de tes collègues des 3F du 94 ont eu le sentiment amer que l’attitude sous influence des salariés des 3F du 93 n’a pas été positive. Ils ont subi la pression et l’intoxe des délégués FO qui leur ont fait croire que la direction était prête à céder et que la participation des délégués du CGT-E, feraient tout capoter.
Comme tu le sais, nos délégués étaient porteurs d’un message d’unité des salariés des 3F du 94 et de leur volonté d’impliquer leurs collègues du 91. Comme tu le sais aussi, la détermination des 3 secteurs était une occasion pour élargir les revendications au paiement régulier (ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui) de toutes les primes conventionnelles dues par jour travaillé (douche, salissure, incommodité) de poser la question des bas salaires et des heures supplémentaires travaillées, non comptabilisées et non payées. Hélas, les délégués FO ont joué leur carte partisane au détriment de l’unité de tous.
Inutile de revenir sur le résultat de cette étroitesse de vue car tu l’as très bien résumé dans ton intervention. Ceci étant, il n’y a rien de désespérant. Les salariés ont fait là leur petite expérience. Ils s’apercevront très vite qu’ils ont plutôt perdu en acceptant les propositions de la direction: versement d’un forfait mensuel de 68,80€ équivalant à 10 douches (10 x 2,2€) 5 salissures (5 x 3,68) et 5 incommodités (5 x 3,68) contre 5 douches, 5 salissures, 5 incommodités précédemment. Le gain par rapport au vol précédent est d’à peine 11€ brut plus un rappel sur 12 mois, au cas par cas, sur la base de 5 douches supplémentaires équivalent à 132€ maximum.
Ainsi, acceptant les propositions de la direction les salariés valide le paiement forfaitaire et contribuent à la liquidation progressive de la convention collective qui leur octroie une prime de douche et une prime de salissure (selon certaines conditions ) par jour travaillé soit 147,00 € en moyenne (20x2,2) et (20x3,68) (3,68 x 8 incommodités estimées compte tenu des conditions imposées. Si on se réfère à la convention collective, votre activité justifie pleinement l’octroi de ces primes. De plus, les salariés acceptent de fait les stratagèmes de cette même direction qui vise à substituer ce genre de primes forfaitaires aux augmentations de leurs salaires qui ne dépassent pas 1400 euros bruts par mois. Comme tu le sais, ces primes sont aléatoires car elles sont liées au poste occupé qui dépend d’un contrat commercial précaire parce qu’il comporte une clause de revoyure tous les ans. Ces forfaits sont supprimées en cas de perte de contrat ou de simple mutation. N’oublies que la majorité des contrats de travail individuels contiennent une clause de mobilité sur tout le territoire de la région parisienne… Le temps des jérémiades et de la division est révolu. Il faut passer à l’action. C’est le sens que nous donnons à nos rencontres avec nos collègues de la société concurrente Elyo-Suez pour préparer une journée d’action en juin pour préparer une grève dure, reconductible, à la rentrée. Tenons-nous prêts !
Bientôt tu auras l’occasion de prendre ta revanche sur la division.
Salutations militantes. A. Bendris – CGT-E
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